Le podcast des psychologues de l'Oncopole qui questionne les injonctions autour du cancer

Présentation

Imaginez ! Vous croisez une amie à l'improviste et elle vous annonce qu'elle a un cancer. Vous êtes mal à l'aise, les mots vous manquent. Elle vous raconte, vous finissez par lui dire :

"Allez, faut que tu gardes le moral !"

"Courage, tu vas la battre cette maladie, t'es une guerrière !"

"Le moral, c'est 50% de la guérison."

"Sois forte !"


Pourquoi ces mots viennent-ils spontanément ?

Que disent-ils de notre rapport aux personnes vulnérables ?

C’est justement ce qu’explore ce deuxième podcast de l'Oncopole à contre-courant : Vulnérables mais pas coupables
Nous sommes Luce, Mandy et Jonathan, tous les trois psychologues à l’Oncopole de Toulouse. Ce podcast est né de notre pratique en cancérologie et d’un constat quotidien : la culpabilité des patientes de ne pas adopter « la bonne attitude » face à la maladie.
Vulnérables mais pas coupables fait le pari de partir des vécus individuels pour dégager une réflexion collective.
A l’aide de chercheurs en sciences humaines, de professionnels de santé et de patientes, nous réfléchirons ensemble à la possibilité d’accueillir notre vulnérabilité.

Découvrez la bande-annonce du podcast

À travers ce podcast, Luce, Mandy et Jonathan interrogent les injonctions souvent entendues face à la maladie et ouvrent un espace de dialogue sur la vulnérabilité et le poids des mots.

Les thématiques des 4 épisodes

Episode 1

"Je me suis fabriquée mon cancer"

Dans ce premier épisode, on explore l'idée "Je me suis fabriquée mon cancer", une croyance ancienne qui persiste à travers les siècles. Si autrefois on parlait d'humeur mélancolique ou de bile noire, aujourd'hui, c'est le STRESS qui est souvent pointé du doigt comme facteur explicatif de cette maladie.

Episode 2

"Branle-bas de combat"

Dans ce deuxième épisode, nous analyserons les effets complexes de l'injonction au combat sur les patientes, leurs proches et les soignants. Ce discours de lutte est partout mais ses conséquences peuvent être ambiguës, parfois même néfastes. Pourquoi continue-t-il de s'imposer malgré tout ? On vous explique tout en décortiquant les impacts profonds de cette rhétorique guérillère.

Episode 3
"La positive attitude"

« Tout est une question d’attitude vous dites ? »
Dans ce troisième épisode et à travers les témoignages, nous analyserons les effets et les fonctions de ce « costume de la positivité » qui entoure la maladie. Ensemble, nous questionnerons cette injonction à toujours rester positive, alors même que la maladie révèle notre vulnérabilité.

Episode 4

"Manger, bouger, et après ?"

Ce quatrième et dernier épisode marque un tournant : il ne s’agit plus seulement de se demander « Pourquoi moi ? » — pourquoi JE tombe malade — mais bien « Pourquoi nous ? » —pourquoi NOUS tombons malades. En élargissant notre réflexion, nous interrogeons les dimensions collective et systémique de la maladie. Et si le cancer n'était pas seulement une affaire individuelle, mais aussi une question politique ?

Pourquoi ce podcast ?

Dans ce podcast, on parle de la psychologisation du cancer et de la pression à être une héroïne, combative et positive. Ces croyances, bien que séduisantes, peuvent peser lourd sur la santé mentale des patientes...en les rendant responsables de l'évolution de leur état de santé.

"Au début, comme je voyais que ça rassurait les gens que je sois une guerrière, je me mettais un peu dans cette posture. Mais...parfois je suis triste, parfois je suis découragée, parfois j'ai peur. Si autour de moi tout le monde pense que je suis une guerrière, à qui j'en parle, auprès de qui je peux pleurer ?"

Marie Négré-Désurmont

Patiente et journaliste anthropologue

"Est-ce que vraiment c'est être une battante que de s'accrocher à tout prix à la vie ? Si quelqu'un se contente de laisser la nature agir, cela fait-il de cette personne quelqu'un de moins digne que moi ? Si dans deux mois je n'ai plus envie de me battre, qu'est ce que ça va représenter pour les gens ?"

Clémentine Vergnaud

Patiente et journaliste, auteur du podcast "Ma vie face au cancer : le journal de Clémentine" - Clémentine a été traitée pour un cancer, elle est décédée en décembre 2023

"Au début, comme je voyais que ça rassurait les gens que je sois une guerrière, je me mettais un peu dans cette posture. Mais...parfois je suis triste, parfois je suis découragée, parfois j'ai peur. Si autour de moi tout le monde pense que je suis une guerrière, à qui j'en parle, auprès de qui je peux pleurer ?"

"Est-ce que vraiment c'est être une battante que de s'accrocher à tout prix à la vie ? Si quelqu'un se contente de laisser la nature agir, cela fait-il de cette personne quelqu'un de moins digne que moi ? Si dans deux mois je n'ai plus envie de me battre, qu'est ce que ça va représenter pour les gens ?"

"Les médecins m'ont rapidement dit que ça allait être un combat. Au début, ça m'a donné de la force...mais...plus j'ai avancé dans mes traitements et plus j'ai vu des gens disparaître, plus je me suis demandé : est-ce qu'ils se sont mal battus ? est-ce qu'ils ont baissé les bras ? Je me suis rendu compte à quel point ce vocabulaire-là ne me plaisait pas du tout."

Marie Négré-Désurmont

Patiente et journaliste anthropologue

Clémentine Vergnaud

Patiente et journaliste, auteur du podcast "Ma vie face au cancer : le journal de Clémentine" - Clémentine a été traitée pour un cancer, elle est décédée en décembre 2023

Lili Sohn

Patiente et autrice de bande-dessinée


Les experts-invités du podcast

  • Marc BILLAUD, biologiste et directeur de recherche au CNRS. Il dirige également le département des sciences humaines et sociales au Centre Léon Bérard à Lyon

  • Mounia EL KOTNI, anthropologue de la santé et co-créatrice du podcast « Impatiente », avec Maëlle Sigonneau

  • Roland GORI, psychanalyste et professeur émérite de psychologie et de psychopathologie clinique à l’université d’Aix Marseille

  • Célia IZOARD, journaliste et autrice

  • Anne MARCHAND, sociologue et historienne, chercheuse au GISCOP 93 qui se consacre à l'étude des cancers professionnels. Elle est aussi l'autrice du livre « Mourir de son travail aujourd'hui, enquête sur les cancers professionnels » aux éditons de L’atelier (2022)

  • Anastasia MEIDANI, professeure en sociologie à l’Université Jean Jaurès, chercheure associée à l’INSERM et au laboratoire Solidarité, Société, Territoire du CNRS

  • Aline SARRADON-ECK, anthropologue de la santé et médecin

  • Josée SAVARD, professeure de psychologie à l'Université Laval et chercheuse au Centre de recherche du CHU de Québec


Remerciements

Merci à Francois BERCHENKO, ingénieur du son - Hélène HIQUILY, comédienne - Anita FRAYSSE, Andreas KYRIAKOU, musiciens (Projet Anita) - Enregistrements en 2023/2024 - Luce DOMINGO, Jonathan GRONDIN et Mandy SIMOES, montage, textes et voix

Lili Sohn, illustration

Financement

Ce deuxième projet audio produit par l’Oncopole Claudius Regaud a bénéficié d’un financement issu de la dotation nationale IFAQ (dispositif de la HAS d’incitation financière pour l’amélioration de la qualité) allouée à l’établissement.

Le chemin des aidants, le 1er podcast de l'Oncopole

Derrière chaque personne atteinte d’un cancer se trouve un aidant : un parent, un ami, un collègue... Un rôle complexe, souvent difficile, et parfois méconnu. 

Avec ce premier podcast, "Le chemin des aidants", l'Oncopole propose de mettre en lumière ces parcours de proches-aidants en offrant à chaque épisode un témoignage authentique d’un aidant, accompagné d’un expert qui abordera une thématique clé liée à ce rôle si particulier : vie intime & sexualité, vie de famille, relation avec les soignants, nutrition et activité physique, vie professionnelle et santé mentale.

L'IUCT-Oncopole

L'IUCT-Oncopole, centre de soin, de recherche et de formation en cancérologie regroupe à Toulouse l’expertise de 2 000 professionnels sur un même site labellisé « Comprehensive Cancer Center ».

Il combine plusieurs installations cliniques de pointe pour le traitement du cancer avec une infrastructure de recherche de classe mondiale. L’IUCT-Oncopole, qui réunit l’Oncopole Claudius Regaud et plusieurs équipes du CHU de Toulouse, traite plus de 11 000 nouveaux patients chaque année, et plus d'un patient sur huit est inscrit dans des études cliniques.